14 juillet 2016

Ecoute : « O.S.E.R. »

Le point ECOUTE «OSER»

O.S.E.R, le terme lui-même, en dehors du sigle,
         O uverture,
           S ervice,
              E coute
                 R encontre,
         montre bien notre volonté d’engagement.

Le point ECOUTE «OSER» est ouvert, le samedi matin pour les bénéficiaires de colis alimentaires ;
                                                           le mardi après-midi, il reçoit les personnes qui ont besoin d’écoute, tout simplement.

Tout simplement ? Il n’est pas sûr qu’il soit aussi simple d’écouter… Il est parfois difficile d’entendre celui qui se tait ou d’écouter la personne qui, au contraire, déverse un flot de paroles.
C’est une des raisons pour lesquelles le groupe se réunit 1 fois tous les 2 mois, pour ce qu’on appelle dans un cadre professionnel, un groupe d’«analyse de la pratique»

OSER, on prend des risques, en effet, quand on ose livrer un peu de soi-même.

Par exemple, quand quelqu’un explique dans le groupe, de quelle manière il a accueilli les larmes d’une bénéficiaire qui n’arrive pas à sortir des difficultés,
ou les revendications d’un autre qui, derrière les insatisfactions exprimées, cache peut-être sa honte d’en être arrivé là et de ne pouvoir se débrouiller seul…
Ce peut être aussi ce qu’on ressent devant une attitude agressive à la limite, parfois, de la violence physique…
Comment y répondre autrement que par la même violence qui tout à coup peut surgir en nous-mêmes ?

 

Oser émettre, dans le groupe, des jugements négatifs ou exprimer tout haut de «mauvaises pensées» envers ces personnes qui demandent un peu d’aide, les exprimer, c’est reconnaître que nous avons, nous aussi, nos faiblesses.

Pouvoir exprimer ses sentiments dans le respect les uns des autres, sans se sentir jugé, cela permet de repartir plus vrai, vers les personnes qui ont besoin de nous, à un moment donné de leur vie, pour franchir un cap difficile.

C’est aussi un lieu de partage, des bonnes nouvelles, de ceux qu’on a reçus une fois ou pendant plusieurs semaines. Le soulagement de savoir que M. X a trouvé du travail ou que Mme Y peut accueillir à nouveau ses enfants…

Pour partager, il est important d’avoir confiance dans les autres. Ainsi, on peut ne pas avoir trouvé soi-même les mots qui rassurent ou réconfortent, mais quelqu’un du groupe les trouvera la semaine suivante… La joie se partage, tout comme la peine.

Au groupe «écoute» on peut se sentir impuissant devant une situation à laquelle on ne peut pas changer grand chose… Mais si on se considère comme un maillon, qui ne sert à rien tout seul mais qui donne sa force à l’ensemble, cela peut tout changer.

C’est ce qu’on appelle bien sûr, la solidarité. Solidarité entre les membres du groupe, (on l’a déjà évoqué à propos de la confiance)
mais également avec les autres acteurs de Chabeuil Aide et Partage:
           les personnes qui distribuent, concrètement de quoi manger,
                celles qui se chargent du Noël des enfants,
                       et aussi les assistantes sociales qui décident de l’attribution des bons (là aussi il faut accepter de leur faire confiance !)

Cette attitude d’écoute, nécessite un minimum de formation . Formation demandée par l’association, financée par elle et que les bénévoles acceptent s’ils veulent s’engager dans ce travail d’écoute.

Etre bénévole , ne dispense absolument pas et -heureusement-, d’être compétent ou d’acquérir des compétences !

Dans un rapport le médiateur de la République écrivait :  «Accueillir, c’est respecter. Accompagner, c’est reconstruire»

Ce pourrait être un résumé, succinct mais juste de la mission que s’est donnée l’association Chabeuil Aide et Partage, dans un esprit d’ouverture et de tolérance.